• Armes chimiques en Syrie : vers Genève 2 ?

    Armes chimiques en Syrie: vers Genève 2 ?

     

    Le dossier brûlant des armes chimiques syriennes est en pleine évolution. Ces derniers jours ont été riches en informations et en bonnes nouvelles.

    L'OIAC (Organisation pour l'Interdiction des Armes Chimiques) a annoncé officiellement que les 27 inspecteurs de l'Organisation et les 50 experts dépêchés par l'ONU sur le territoire syrien avaient définitivement placé un scellé sur les armes chimiques, les réserves de produits et les installations de production. Il était difficile de faire le tri jusqu'alors sur les informations délivrées par le pouvoir de Bachar Al-Assad mais les sites ayant inspectés, il est clair que le pouvoir en place a joué pleinement sa carte en terme de crédibilité à travers cette démonstration de bonne foi.

     

    Le 28 septembre, le blog de référence De Bagdab à Jérusalem tenu par Georges Malbrunot faisait état de trois sites probables selon une source militaire française. Ces trois sites semblaient hors des zones de combat et sécurisés par l'Armée régulière: dans les banllieues de Damas, près de Tartous une région cotière du fief de la famille alaouite du président Al-Assad et près de la ville de Homs.

    La remise en main propre de 80% de la localisation des sites d'armes et de production d'armes était une première preuve de la bonne volonté du régime.

     

    Nous sommes aujourd'hui le 1 novembre 2013 et hier la déclaration était officielle: le pari était réussi et en moins d'un mois les experts et inspecteurs sont parvenus à mettre sous scellé ces centaines de tonnes de gaz. Le rapport publié par l'OIAC doit être examiné par le Conseil de l'ONU le 5 novembre mais nous savons déjà que ce dernier décrit l'inspection de 21 sites sur les 23 déclarés et de 39 installations sur 41. Deux sites n'ayant pas été inspectés car jugés trop dangereux. Ils seraient situés dans la zone de combat de Damas et à Alep.

    Pour assurer la suite du programme de destruction total des armes chimiques, 15 inspecteurs vont rester sur place.

     

    C'est une victoire...mais relativisons nos positions lâchent plusieurs diplomates. Les armes chimiques ont été neutralisées c'est une bonne chose mais le traffic d'armes lourdes et leurs utilisations continuent de faire des centaines de morts parmi les populations civiles. Et certains officiels continuent de douter de la bonne foi du régime. A-t-il déclaré tous les sites? Bien sur la question mérite d'être posée...

    Toujours est-il que la Maison Blanche semblait confiante devant le document de 714 pages remis par le régime de Bachar Al-Assad décrivant la destruction des sites d'armes chimiques, le 24 octobre.

     

    Devant une telle situation, la balance semble s'inverser, les puissances occidentales sont contraintes de rétro-pédaler. Alors qu'il y a quelques mois les Etats-Unis étaient prêt à engager une opération militaire aux cotés des français, aujourd'hui l'ennemi d'hier devient le principal interlocteur. Bachar Al-Assad se dit même à participer aux négociations si une conférence de Genève version 2.0 devait advenir.

    Devant ces propos, l'opposition ; aujourd'hui en difficulté et clivée entre les groupes islamistes demandant l'instauration d'un Etat islamiste et les rebelles des premiers jours pris dans une fournaise confessionnelle dont ils se retrouvent aujourd'hui premières victimes, ne partage pas l'enthousiasme du président. La partie de l'opposition que l'on pourrait de qualifier de "sur le terrain" ne veut pas entendre parler de négociations. L'opposition (souvent constituée d'intellectuels) en exile se montre peut-être plus favorable à un tel plan mais exige dans ce cas la mise à l'écart non négociable du président Al-Assad.

    Alors nous n'en sommes pas encore là et la date du 23 novembre parfois évoquée n'a pas été retenue mais il ne fait pas de doutes que la fin de la mise sous scellé des armes chimiques du régime est un moment crucial dans le conflit qui agite depuis le 15 mars 2011 le pays. Cela pourrait déboucher sur des négociations de paix sérieuses que l'émissaire internationale Brahimi n'envisage malgré tout pas sans la présence du Conseil de l'opposition. Et ce Conseil là refuse lui toute possibilité de négociation...

    Il se pose aussi un autre problème si de telles négociations commencaient: comment appréhender la multitude de groupuscules islamistes actuellement en train de prendre le contrôle général d'une opposition jusqu'alors composée de sous-groupes unis simplement par une idéologie de liberté?

     

     Questions d'Orient/ Le 01/10/2013


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