• Iran: la mauvaise foi de l'ayatollah sur le nucléaire ?

    Iran:

    la mauvaise foi de l'ayatollah sur le nucléaire ?

     

     

    Alors que le processus était enclenché, voilà que l'ayatollah iranien, chef suprême du pays après la révolution islamique, a jeté une pierre dans la mare en déclarant fermement que les discussions déjà houleuses ne mèneront à rien.

    La déclaration du seul et unique décisionnaire dans les dossiers stratégiques est intervenue alors que la délégation iranienne venait d'arriver à Vienne pour la suite des négociations. Les pourparlers doivent reprendre mardi en présence du chef de la délégation iranienne, le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif et des puissances 5+1 (Russie, Chine, France, Royaume-Uni, États-Unis et Allemagne). Les discussions ont comme finalité, l'instauration d'un accord définitif venant confirmer l'accord provisoire de novembre 2013, tournant historique puisqu'il avait permis la reprise discussions entre Iran et diplomatie américaine. Et pourtant...les diplomates et le président progressiste Rohani pourront bien afficher toute leur bonne volonté, la décision finale sur le nucléaire reviendra à Khamenei dont la puissance reste suprême en Iran.

    Personnage charismatique et conservateur, il n'est pas interdit et même conseillé d'émettre des doutes sur une réelle bonne volonté de la part du l'ayatollah à vouloir traiter d'un sujet aussi important pour le pays perse. Les responsables iraniens ont récemment averti que les négociations "seront difficiles".


    "Certains responsables de l'ancien et de l'actuel gouvernement pensent que s'ils négocient dans l'affaire nucléaire le problème pourra être réglé, mais comme je l'ai également dit dans mon discours au début de l'année (iranienne, en mars 2013) je ne suis pas optimiste à propos des négociations et elles ne mèneront nulle part, mais je n'ai pas d'opposition", a affirmé l'ayatollah Khamenei devant plusieurs milliers de personnes à Téhéran. Le chef religieux iranien a insisté sur le fait que les discussions continuerons bien, mettant fin aux suspicions des dirigeants occidentaux qui craignaient l'arrêt des pourparlers et la perte des avancées considérables effectuées sur le terrain diplomatique depuis novembre 2013. Les négociations "commencées par le ministère des Affaires étrangères vont se poursuivre et l'Iran ne viole pas son engagement mais je le dis dès maintenant elles ne mèneront nulle part", a-t-il insisté.
    Il a toutefois demandé "aux responsables de poursuivre leurs efforts" pour faire aboutir les négociations tout en soulignant que la seule solution "est de renforcer la puissance nationale et les bases économiques du pays".

    Incontestablement, Téhéran a renforcé son image (et a beaucoup travaillé à ça aussi) depuis le départ des discussions et l'accord intérimaire de six mois conclu avec le 5+1 en novembre. Téhéran a accepté le gel d'une partie de ses activités nucléaires contre la levée partielle des sanctions économiques décrétées par les Etats-Unis et les pays européens. Depuis que la menace qu'un extrémisme politique puisse renverser d'un coup de main le Proche Orient a été éradiquée, l'Iran ne cesse d'envoyer des ambassades même chez ses pires ennemis: les pays du Golfe même le conflit syrien a légèrement refroidi les relations depuis quelques mois.


    Mais, si l'ayatollah semble jouer sur les mots avec des déclarations ambigües, les récentes déclarations du président américain Barack Obama et du secrétaire d'Etat John Kerry sur le fait que "toutes les options étaient sur la table" pour arrêter le programme nucléaire iranien en cas d'échec des négociations ont aussi particulièrement irrité les responsables iraniens.


    L'ayatollah Khamenei a dénoncé la politique américaine à l'égard de l'Iran en déclarant que "la nation iranienne n'acceptera jamais les pressions et le chantage des Etats-Unis". "La question nucléaire est un prétexte pour les Etats-Unis à leur hostilité à l'égard de l'Iran. Si un jour, la question nucléaire est réglée, ils évoqueront d'autres sujets comme ils le font maintenant avec celles des droits de l'Homme et des missiles balistiques" pour faire pression, a-t-il ajouté.

    La sous-secrétaire d'Etat Wendy Sherman, chef de la délégation américaine aux pourparlers sur le nucléaire a affirmé il y a peu qu'il fallait aborder la question brûlante du programme balistique de l'Iran lors des négociations finales sur le nucléaire. Les responsables américains ont également affirmé que les Etats-Unis ne devaient pas cesser d'imposer pour autant des sanctions contre le pays perse pour deux raisons d'ordre humanitaire et géopolitiques: la situation des droits de l'Homme et le soutien présumé aux groupes terroristes visant ainsi le soutien affirmé du Hezbollah et des gardiens de la révolution islamique (Pasdarans) au pouvoir de Bachar al-Assad en Syrie.

    Mais les négociateurs iraniens ont refusé de discuter de ces questions qui une fois de plus allument des foyers de discussions sur lesquels tout accord nécessiterait des mois de tractations puisqu'il mettrait en jeu des forces bien supérieures aux simples 5+1. "Ces questions n'ont rien à avoir avec les négociations" nucléaires, a affirmé M. Zarif dans un entretien publié lundi par l'agence officielle Irna.

    Il a aussi assuré que l'Iran n'acceptera pas qu'on lui "dicte ce qu'il doit faire" sur le maintien ou non des sites nucléaires, en particulier le réacteur à eau lourde d'Arak. "Le guide suprême définit les grandes lignes" de la politique du pays dans l'affaire nucléaire, a rajouté M. Zarif, en précisant qu'"il ne faisait qu'appliquer "ces politiques".

     

    L'Iran semble tirer la sonnette d'alarme: ne nous emballons pas trop, le message est clair, les relations ont pu être actualisé, elles sont encore loin d'être cordiales.

     

    Questions d'Orient - Le 17 février 2014


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