• Israël, Palestine : l'interminable conflit

    Israël, Palestine:

    l'interminable conflit

    Depuis 60 ans, le Moyen-Orient vit au rythme de ce conflit. Malgré les tentatives de résolution le conflit n’a pas pu éviter les accès de violence.

    Quelques chiffres: 

    ->    Israël = 22 072 km², 7,4 millions d’habitants en 2010, un budget militaire de 6,4% du PIB.

    ->   Palestine = 6 220 km², 4 millions d’habitants et un territoire n’ayant aucune armée régulière.

     

    En 1947, un plan de partage de la Palestine est élaboré par l’ONU (résolution 181 de l’Assemblée générale). Ce plan est destiné à concevoir un Etat juif officiel mais aussi un Etat arabe et une zone sous régime international d’abord envisagée à Jérusalem. Mais le plan avorte, rejeté par les Etats arabes ce qui conduit unilatéralement les représentants de la communauté juive à déclarer l’Etat d’Israël le 14 mai 1948.

    Cette déclaration met évidemment le feu aux poudres au Moyen-Orient. Les armées de Syrie, d'Egypte et de Jordanie attaque immédiatement ce nouvel Etat. Israël remporte une première victoire qui lui permet d’étendre ses frontières incluant la partie ouest de Jérusalem. Les populations palestiniennes migrent du coté oriental de la ville et s'yn établissent. 

    L'état d’armistice signé en 1949 est venu figer cet état de fait militaire. Une ligne verte délimitant la limite entre les populations israéliennes et palestiniennes est établie. Jérusalem est et la Cisjordanie (= la rive ouest du Jourdain) passent sous contrôle de la Transjordanie devenue Jordanie en 1950, tandis que l’Egypte prend le contrôle de la bande de Gaza.

    La deuxième guerre israélo-arabea lieu du 5 au 10 juin 1967. Elle est appelée la guerre des Six Jours et elle va donner aux territoires leur configuration actuelle. C’est notamment durant cette guerre , qu’Israël annexe le plateau de Golan sur la Syrie, territoire toujours source de tensions aujourd'hui. 

     

    -> La configuration actuelle de la Cisjordannie

    Les grandes villes de la Cisjordanie actuelle sous contrôle palestinien sont Hébron au sud, Bethléem, Ramallah et Naplouse, Jénine au nord pour les deux dernières. Elles sont la plupart du temps intégrées dans un périmètre de contrôle total des palestiniens et entourées de zones tampons partiellement maitrisées par les palestiniens.

    Les plus vastes zones de contrôle palestinien sont surtout au nord et au sud. Le centre du pays est un réseau de centres instables, sous contrôle partiel.

     

    -> La Guerre de Six Jours

    En 1967, craignant une attaque de ses voisins, Israël lance une attaque préventive contre l’Egypte et une contre offensive contre la Jordanie. La guerre des 6 Jours se termine par une victoire israélienne qui place tous les territoires palestiniens de 1947 sous contrôle israélien. L’armée israélienne soustrait la Cisjordanie et Jérusalem-est (étant alors zone d'habitation des Palestiniens) à la Jordanie ainsi que la Sinaï et la bande de Gaza à l’Egypte et pour finir le plateau du Golan à la Syrie.

    L’occupation militaire des territoires palestiniens se double d’un processus d’occupation mis en place par les colons israéliens et qui n’a nullement été interrompu par la brève période des accords d’Oslo en 1993. Les implantations viennent fragmenter les territoires occupés palestiniens -> la Cisjordanie et Jérusalem-est, Israël s’étant désengagée de Gaza en 2005. Cette fragmentation rend impossible l’établissement d’un territoire palestinien économiquement viable, et fonctionnel sur le plan territorial.

    Cette situation territoriale alimente le blocage total des négociations. De nombreuses problématiques sont soulevées par les négociations : réalités démographiques suite à la colonisation, le statut de Jérusalem, le choix des frontières d’un futur état palestinien. Il faut ajouter à toutes ces questions la problématique du droit de retour pour des milliers de réfugiés palestiniens qui avaient dû quitter le pays en 1948.

    http://ceriscope.sciences-po.fr/sites/default/files/15_israel_1947_2010-01.jpg?1294508811

     

    -> Présentation de la Cisjordanie

    Occupée par les israéliens depuis la guerre de 6 Jours, c’est un territoire qui s’étend sur 5 600 km² et accueille 2.5 millions de palestiniens. Les accords d’Oslo en 1995, prévoyaient la segmentation de la zone en trois parties qui se sont bien effectuées mais avec un chaos et une segmentation qui ne permet aucune action d’état :

    • Zone A : 3% du territoire cisjordanien, qui accueille la majorité des grandes villes et de la population de Cisjordanie avec une autorité palestinienne de manière autonome notamment en matière de sécurité et d’ordre public.
    • Zone B : 25% du territoire, l’autonomie palestinienne est partielle et ses compétences se restreignent au domaine civil, la sécurité étant du ressort d’Israël.
    • Zone C : 72% du territoire, sous contrôle exclusif d’Israël et la colonisation « implantation » se poursuit. Depuis 1993, le nombre de colons serait passé de 110 000 à 300 000.

    L’absence de continuité territoriale rend de facto incertaine la création d’un état palestinien viable.

     http://4.bp.blogspot.com/_F_t_f9X3tjc/TTcY_1_pugI/AAAAAAAAAAY/t1PLU2GhzTc/s1600/ABC.jpg 

     

    -> Jérusalem : ville capitale

    Après la première guerre de 1948, Jérusalem est partagée entre Ouest et Est. En 1949, devant l’absence d’accord, Israël fait de la ville sa capitale. Le siège du gouvernement y est transféré mais les ambassades étrangères demeurent à Tel-Aviv. En 1967, l'occupation de Jérusalem-est pose les bases du projet de réunification de la ville comme capitale d’Israël. Cet état de fait n’est pas reconnu au niveau international car il ne résulte d’aucun accord. Ainsi la ville passe de 7 km² à 72 et les implantations israéliennes se multiplient afin de renverser les tendances démographiques. 1983 on compte 76 000 colons israéliens contre 200 000 en 2009. Chez les palestiniens on revendique Jérusalem-est comme capitale du futur état et en cette période transitoire les instances gouvernementales palestiniennes sont basées à Ramallah.

    Dans la vieille ville, les quartiers juifs, chrétiens et arméniens sont placés à l’ouest et l’est est musulman.

      

     

    -> Les frontières de la paix et de la guerre

    Le contrôle des différents territoires et les accords sur les frontières prend un aspect aussi passionné aussi en raison des enjeux hydriques qui se joue dans cette région aride ou semi-aride. La guerre de 1967 est aussi parfois appelée la guerre de l’eau. L'appelation est à prendre avec des pincettes en raison de la dimension avant tout stratégique et sécuritaire des différents belligérants. Malgré tout les gains territoriaux de cette guerre ont fixé le contexte hydro-politique du pays. Avec l’occupation du plateau de Golan par les israéliens, Israël a eu accès à une partie du lac Tibériade mais aussi à quelques affluents du Jourdain (ex : Tavor, Kishan).

    En 2010, on assiste à la mise en pratique de l’usine de dessalement d’eau d’Hadera, en Israël. Avant 57% des ressources en eau de l’état israélien provenaient de territoires situés à l’extérieur de ses frontières d’avant 1967. Israël est parvenu à renverser cette situation de dépendance en une situation hydrique favorable. Alors que le pays était placé en aval, il est devenu un pays en amont.

    Cette question hydrique vient donc renforcer les questions déjà brûlantes des différentes revendications identitaires.

     http://www.europalestine.com/IMG/jpg/l_eau.jpg 

     

    -> Brève conclusion

    Depuis fin des années 1940, de nombreuses résolutions ont été adoptées avec les Nations Unies. Elles devaient fixer sans succès un cadre juridique international au règlement du conflit. La Résolution 242 du Conseil de Sécurité (22 novembre 1967) qui après une condamnation de la prise par la force demande le retrait des territoires conquis par les israéliens et la reconnaissance officielle des frontières des états voisins est un échec. La liste des négociations de paix convoquées souvent par les Etats-Unis soutient traditionnel d’Israël est longue: Madrid 1991, Oslo 1993 puis 1995, Camp David 2000, Taba 2001, conférence d’Annapolis 2007. Presque toutes se sont révélées infructueuses notamment à cause de l’inégalité générale entre les deux rapports de forces et du jeu politique interne entretenant de part et d’autre la provocation et la répression.

    A cela s’ajoute les multiples divisions internes dans le parti palestinien : la bande de Gaza est tenu par le parti Hamas depuis 2007 tandis que la Cisjordanie est placée sous le contrôle du parti Fatah. Cette division complique encore les négociations et l’espoir surtout de voir le peuple palestinien uni sous une seule autorité.

    C’est dans ces tensions et ce contexte de division interne que le président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas a décidé contre la volonté d’Israël et des Etats-Unis de présenter à l’ONU le 23 septembre 2011 une demande de reconnaissance de l’Etat de Palestine dans ses frontières d’avant 1967 : Cisjordanie, Gaza, Jérusalem-est.

    Sans succès.

     

    Questions d'Orient/ 13/11/2013.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :