• Liban: l'aide militaire et financière de l'Arabie Saoudite via la France...c'est parti

    Liban:

    l'aide militaire et financière de l'Arabie Saoudite via la France...c'est parti

     

    En visite officielle chez le roi Abdallah d'Arabie Saoudite le 29 et 30 décembre dernier, le président français, M. Hollande a renoué avec la monarchie wahhabite, vue comme un pôle de stabilité économique et militaire parmis les pays du Golfe. Alors que sous le quinquénnat de M. Sarkozy, le Qatar était vu comme l'allié de marque la diplomatie française, c'est aujourd'hui en l'Arabie Saoudite que notre président place tous ses espoirs, espoirs surtout économique en raison de multiples contrats devant être négociés. Et celui sur le Liban en fait parti. La convergence de point de vue à Riyad a été immédiate et s'est soldée par un cadeau intermédiaire de la France au Liban avec l'achat pour 3 milliards de dollars (2,2 milliards d'euros) par le roi wahhabite pour supporter l'effort sécuritaire de l'armée libanaise. 

    Acteur de premier plan dans la crise syrienne qui touche le pays de plein fouet avec les flots de réfugiés passant la frontière ou avec l'instabilité politique et sécuritaire du aux appartenances idéologiques, le Liban doit faire face à un certain déchirement entre partis politiques dans lequel la guerre psychologique et parfois meurtière s'affirme de plus en plus. 

    D'après une source proche de l'enquête citée par le quotidien libanais francophone L'Orient-Le Jour, l'accord entre Arabie Saoudite et Liban tendrait à se concrétiser dans les jours à venir. Malgré les vastes critiques notamment dans le parti du 8 Mars, aucun mouvement politique n'a refusé ou condamné clairement l'aide accordée. 

    Ce qui laisse croire que l'accord se concrétise, ce sont les incessants mouvements du général en chef de l'armée libanaise, Jean Kahwan qui revient tout juste de France. En cours d'évalution des besoins militaires de son armée, il n'y a pas de doutes que la France contrôle et joue son rôle dans la transaction précise des pièces. Notre CEMA (chef d'État major des armées françaises) doit quant à lui se rendre dans les jours qui viennent à Beyrouth. 

    Néanmoins, le projet semble peu structuré ou du moins il paraît peu structuré. Aucun plan chronologique, aucun calendrier n'a été fourni mais selon la source de OLJ, les puissances entretiennent la volonté d'un plan mis en application rapidement ce qui explique sûrement les mouvements des hauts responsables militaires. Aucun plan d'attribution non plus n'a été donné, aucune condition idéologique, politique. Les Libanais sont mis ainsi devant leurs responsabilités et l'armée doit évaluer d'elle-même ses besoins pour être efficace dans ses demandes. 

    Ce qui paraît plus taquiner la presse locale est aussi l'absence de procédures formelles établissant les destinataires des cargaisons. On le sait, le Moyen et Proche Orient sont des régions instables où les réseaux font beaucoup le jeu politique et il est arrivé à de multiples reprises que le facteur se trompe de boites aux lettres (en Libye notamment). Il n'y aurait donc aucune disposition spéciale et le gouvernement semble à même de se prendre en charge pour éviter la dispersion des armes et le fait qu'elles viennent nourrir des mouvements sur la liste des organisations terroristes occidentales comme la branche armée du "Hezb". 

    Pour reprendre les mots du président Hollande lors de sa visite, la France ne s'établit pas contre une force quelconque au Moyen-Orient, mais bien pour "l'État libanais, pour tous les Libanais". 

    La mobilisation internationale autour du pays voisin de la Syrie et acteur semi-direct suite à l'implication de certains groupes dans les combats ou suite aux attentats qui ont frappé des fiefs de mouvements politiques ou confessionnels est pleine aux Nations-Unies. L'aide doit se répartir en trois points: 

    -> assistance au pays dans la gestion du flot de réfugiés syriens et dans l'organisation de camps

    -> le soutien direct à l'économie libanaise 

    -> l'aide directe aussi à l'armée pour endiguer le mouvement de dérive sécuritaire qui fait de certaines villes des villes empreintes de psychose. 

     

    Questions d'Orient - Le 15 janvier 2014


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