• Syrie: relents géopolitiques gaziers autour de la crise

    Syrie:

    relents gépolitiques gaziers autour de la crise

     

    Et si la crise en Syrie était en fait un problème de géopolitique énergétique? C'est ce qu'affirme l'expert en énergie Sami Nader au quotidien libanais francophone L'Orient-le-Jour.   

    Il affirme en effet que le conflit pourrait s'avérer avoir un fond de conflit sur l'exportations de gaz de l'Orient ver l'Occident. Cela transcendrait les explications confessionnelles (qui sans nul doute sont les raisons des combats aux échelles locales) et la guerre entre sunnites et chiites. 

    Quels seraient alors les pays concernés? Il s'agirait de la Syrie, de l'Arabie Saoudite, du Qatar, de la Russie et...de la Turquie qui, même si le pays ne dit rien, ne joue pas moins un rôle prépondérant dans le soutien à l'opposition et aux islamistes. 

    Bien sûr ces raisons semblent moins évidentes et moins claires que celles fournies par les médias, les blogs ou les politologues dans le monde mais cela pourrait expliquer l'engagement acharné des russes aux cotés d'al-Assad et le soutien financier et en armement qu'accordent la Turquie et l'Arabie Saoudite à l'ASL. 

     

    Replacons les évènements dans le contexte. Un quart du gaz importé en Europe provient de Russie. Le pays de Poutine possède donc une suprématie totale en la matière, suprématie qu'elle n'a pas envie de laisser couler aux mains d'autres pays orientaux; car lorsqu'il s'agit d'énergie, tout le monde est prêt à tout.

    Considérant ce monopole, considérons en parallèle les deux projets en cours dans l'Europe orientale, prévoyant tous deux la construction de gazoducs vers l'Europe. 

    -> Il y a d'abord le projet Southtream, projet paneuropéen qui devrait émerger en 2015. Ce dernier est très favorable à la Russie puisqu'il prévoit de relier l'Europe occidentale tout en évitant les pays turcs et l'Azerbaïdjan mais aussi les anciennes républiques soviétiques. 

    -> Et puis il y a Nabucco. C'est un projet qui a conquit à sa cause les Etats-Unis et l'Union Européenne. Il est prévu pour 2017 et n'est pas favorable du temps à la Russie puisqu'il prévoit un gazoduc pour diversifier les sources énergétiques ce qui permettrait dans le même temps de réduire la dépendance à la Russie de pays comme la Hongrie. Le pays dépend à 80% du gaz russe. 

    Et en parallèle, il y a un projet sur lequel la Turquie et le Qatar oeuvreraient ensemble depuis quelques années. Ce projet de gazoduc viserait à rallier Nabucco mais en passant par l'Arabie Saoudite, la Syrie pour finir sa course en Turquie tout en prenant sa source au Qatar. Tout cela semble une initiative purement orientale mais un intru bouscule les objectifs: le régime syrien. Depuis 2009, le président al-Assad refuse de signer ce projet en prétexant une possible rupture des relations diplomatiques et économiques avec le Kremlin, un solide allié de Damas. 

    D'après Nader, cela pourrait être une des motivations de la Turquie et du Qatar au soutien actif de la rébellion. D'autant qu'avec ce projet greffé sur Nabucco la Russie perdrait son rôle de grand N°1 et la diversification des sources provoquerait une baisse générale et logique des prix du gaz. 

    En 2012, Al-Assad a continué à faire des siennes en donnant son accord pour un projet énergétique d'ampleur: un gazoduc devant relié Irak et Iran et desservir sur son passage la Syrie, et le Liban. Cela a d'ailleurs agacé la Russie. Explications de M. Nader: "Jamais les Russes ne pourront accepter une Syrie ayant une frontière (gazière) directe avec l'Irak" L'expert a aussi affirmé que ce projet était au cœur des discussions entre le responsable saoudien Bandar ben Sultan et des responsables russes depuis quelques mois.

    Les volontés d'hégémonie en matière de gaz russe ont été aussi mises en avant suite à la découverte maritime de gaz naturel dans le bassin est de la Méditerranée, souligne Sami Nader, Cela pourrait aussi expliquer le conflit historique Israël-Hezbollah pour ce qui est de la définition des eaux territoriales de chacun des pays Irsaël et Liban. Cela explique la position médiane et d'interlocteur commun que tend à prendre la Turquie depuis des années. 


    En grand diplomate, M. Nader préconise des solutions « diplomatiques et transparentes », sinon c'est toute la région qui risquerait d'être entraînée dans des guerres de façade sans précédent. En faisant un habile parallèle avec la CECA (Communauté Européenne du Charbon et d'Acier) qui avait sauvé l'Europe de conflits sectaires et intéressés, Nader suggère que les pourparlers soient axés sur les problèmes énergétiques de gaz alors même que la communauté internationale se prépare à la grande conférence de paix de Genève 2 en janvier 2014. 

     

    Il est difficile de savoir quelle solution pourrait être la meilleure mais même si des conflits à l'échelle internationale tel que celui sur le gaz pourraient avoir entraînés des soutiens et alliances diverses il est clair que le facteur idéologique ne sera pas résolu ainsi que maintenant que chiites et sunnites ont trouvé le terrain d'affrontement et se tapent perpétuellement dessus ce n'est pas un traité géopolitico-gazier qui, de toute façon ne les concernent en rien (voir pire: favorisera l'Occident), qui calmera les ardeurs. 

     

    Questions d'Orient/ Le 19 décembre 2013


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